SOCIÉTÉ : JOURNÉE DE L'ENFANT AFRICAIN 2026 : AU-DELÀ DES CÉRÉMONIES, L'URGENCE DE PROTÉGER LES PLUS VULNÉRABLES
Chaque 16 juin, l'Afrique célèbre ses enfants. En Côte d'Ivoire, l'édition 2026 est placée sous le thème : « Faciliter l'accès de chaque enfant des zones rurales et urbaines à l'eau potable, à l'assainissement et à l'hygiène : notre engagement ». Un thème pertinent, porteur d'espoir et qui rappelle l'importance des besoins fondamentaux pour garantir la santé et le développement des plus jeunes.
Mais derrière les discours et les affiches de circonstance, une autre réalité interpelle. Celle d'enfants dont les droits les plus élémentaires demeurent bafoués, loin des projecteurs et des cérémonies officielles.
Comment célébrer l'enfant africain sans penser à ces milliers de mineurs victimes des déguerpissements, qui voient leurs repères disparaître du jour au lendemain et se retrouvent exposés à la précarité, à l'abandon scolaire et à toutes les formes de vulnérabilité ? Comment parler d'avenir lorsque certains enfants continuent de subir la violence des adultes, les crimes rituels, l'exploitation, les abus sexuels, tandis que de nombreuses adolescentes paient encore de leur vie le prix des violences basées sur le genre ?
Comment ignorer ces enfants devenus esclaves du tabac et d'autres substances nocives, victimes d'influences qui compromettent leur santé et leur avenir ? Comment rester indifférent face aux discriminations, à la xénophobie et aux violences qui continuent de déchirer des communautés et de priver des milliers d'enfants africains du droit fondamental de grandir dans la paix et la dignité ?
La Journée de l'Enfant Africain ne peut se réduire à une simple vitrine politique. Elle devrait être avant tout un rendez-vous de vérité, de responsabilité et d'engagement collectif et simultané des organisations de la société civile militantes pour le droit des enfants.
Plus qu'une succession de discours, cette journée doit être l'occasion de poser des actes concrets : renforcer la protection des enfants en situation de vulnérabilité, garantir la continuité scolaire des enfants affectés par les crises sociales, améliorer l'accès à l'eau potable et aux infrastructures sanitaires, lutter contre les violences et les pratiques criminelles, prévenir les addictions et promouvoir une culture de tolérance et de solidarité.
Célébrer l'enfant africain, ce n'est pas seulement commémorer l'héritage des jeunes de Soweto. C'est entendre le cri silencieux de ceux qui, aujourd'hui encore, grandissent dans la peur, l'exclusion ou l'indifférence.
L'Afrique ne sera véritablement forte que lorsqu'aucun enfant ne sera laissé pour compte.
Le plus bel hommage que nous puissions rendre à nos enfants n'est ni dans les slogans, ni dans les cérémonies protocolaires, mais dans notre capacité à leur offrir un environnement sûr, une éducation de qualité, l'accès aux soins, à l'eau potable et surtout le droit fondamental de rêver.
Car derrière chaque enfant se cache une promesse pour l'Afrique. Encore faut-il que les adultes aient le courage de protéger cette promesse.
Alex Adou Journaliste humanitaire – Critique d'art – Fact-checker



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