SOCIETE / QUAND LES ARMES PROFANENT LES ANCETRES: RÉPARER LA MÉMOIRE CULTURELLE IVOIRIENNE POUR CONSTRUIRE UNE PAIX DURABLE.
La guerre ne choisit pas seulement ses victimes parmi les vivants. Elle s'attaque aussi aux morts, aux ancêtres, aux sanctuaires, aux rites et aux symboles qui donnent un sens à l'existence des peuples. Derrière chaque village incendié se cache souvent un bois sacré profané. Derrière chaque déplacement forcé se trouve une tradition interrompue. Derrière chaque massacre, il y a parfois une mémoire culturelle condamnée au silence. En Côte d'Ivoire, les crises successives de 1999, 2002 et 2010-2011 ont profondément marqué les populations. Les commissions d'enquête, les organisations internationales et les médias ont principalement documenté les violations des droits humains, les pertes économiques et les fractures politiques. Pourtant, une autre blessure demeure largement absente du débat public : celle infligée au patrimoine culturel matériel et immatériel. Une nation ne vit pas uniquement de ses institutions. Elle vit aussi de ses danses, de ses langues, de ses chants, ...







