TOURISME / CAMPING BY NIGHT À TOUNZUÉBO : IMMERSION AU CŒUR D'UNE CÔTE D'IVOIRE QUI SE VIT

Du 3 au 6 avril 2026, un village va battre plus fort que les autres. Un village qui ne cherche pas à séduire, mais à rester fidèle à lui-même. Ce village, c’est Tounzuébo. Et à l’occasion de Pâquinou*, il ne promet pas un simple événement. Il propose une expérience humaine. Situé dans le département de Yamoussoukro. Ici, il n’est pas question de tourisme de façade. Pas de folklore figé pour des visiteurs campeurs pressés. À Tounzuébo, on entre dans une vie, dans une mémoire, dans une communauté. Le visiteur où le touriste devient témoin, parfois acteur, souvent transformé, le cas des touristes locaux en Paquinou 2026 à Tounzuébo, que nous avons rencontré. Carlos Ilboudo ivoirien, resident au Canada témoigne : << Vraiment ! Ce premier Paquinou a été riche en apprentissage en couleur pour moi, et certainement pour les autres aussi. Merci >> a-t-il déclaré. Dès les premières heures, à l'arrivée de l'autobus, l’accueil donne le ton, fou-rire, des cris de retrouvailles. Même, des chants qui ne sont pas appris pour l’occasion, des danses ( Adreba, Aviéliè, Soi-aka) qui racontent des lois, des regards qui disent : “tu es chez toi”. Le Pays Baoulé ouvre ses bras avec cette élégance d'hospitalité qui ne s’invente pas. Puis vient le temps de comprendre, le tissage du pagne Baoulé, par exemple, n’est pas qu’un atelier. C’est une leçon de patience, de transmission, de dignité. Chaque fil raconte une histoire. Chaque geste perpétue une identité. Et dans ce dialogue entre l’artisan et le touriste, il y a plus qu’un apprentissage, il y a un respect qui naît. Mais Tounzuébo, ce n’est pas que la culture et la tradition que l’on observe. C’est aussi l'authenticité du pagne Baoulé et de la nature qu’on respire. Les jeux traditionnels (Aba oglê, Attrêllê) sans oublier, la gastronomie particulière accompagnée de la boisson locale, les randonnées à travers une végétation encore intacte, rappellent une évidence que l’on oublie trop souvent. La richesse ivoirienne ne se limite pas à ses villes. Elle coule dans ses terres, dans ses arbres, dans ses silences. Et puis, il y a la nuit. Le feu de camp. Les corps qui dansent sans chorégraphie imposée. Les voix qui s’élèvent, libres. Les contes et légendes racontés en langue locale pour garder l'originalité et traduit par des jeunes interprètes. Le “camping by night” n’est pas un concept marketing. C’est un retour à quelque chose de profondément humain : se retrouver, se raconter, apprendre, partager sans écran, sans masque. Juste être là, ensemble et s'aimer. Au regard, des jours qui se succèdent, les frontières tombent définitivement. Autour d’un repas, d'un pot de ''bandji'', sur un terrain de football, dans un éclat de rire, visiteurs et habitants ne se distinguent plus. Il ne reste que des humains qui se rencontrent. Et dans un monde qui se fragmente, cela vaut de l’or. Mais, derrière la magie apparente du “camping by night”, il y a une vision. Une démarche consciente. Ici, dormir sous les étoiles n’est pas un simple effet de mode, c’est un acte engagé. Celui de valoriser un tourisme local authentique, respectueux des équilibres naturels et profondément ancré dans les réalités rurales. À Tounzuébo, chaque famille d'accueil devient un lien fort entre le touriste, le visiteur et le territoire. Chaque activité nocturne participe à une économie locale vivante : guides, artisans, cuisinières, jeunes du village… tous trouvent leur place dans cette dynamique. Le tourisme cesse alors d’être une consommation pour devenir un levier de développement social et économique. Autrement, cet engagement ne se fait pas au détriment de l’environnement. Bien au contraire. Le “camping by night” s’inscrit dans une logique de respect strict de la faune et de la flore ainsi que du bien-être des populations. Ici, on apprend à habiter la nature sans la brusquer, à profiter sans détruire, à admirer sans exploiter et à développer les communautés sans lésion politique. C’est peut-être cela, la véritable révolution silencieuse de Tounzuébo, proposer un tourisme qui élève sans dénaturer, qui rassemble sans épuiser, qui développe sans détruire. La clôture, enfin, n’est pas une fin. C’est un au revoir chargé. On repart avec des images, bien sûr. Mais surtout avec des sensations : une chaleur, une sincérité, une vérité. Celle d’une Côte d’Ivoire profonde, souvent invisible, mais essentielle. Tounzuébo ne vend pas un rêve. Il rappelle une réalité, celle d’un pays riche de ses cultures, fort de ses racines, vivant par ses communautés. Et si Pâquinou est, à l’origine, une fête de retrouvailles, alors ici, elle retrouve tout son sens. Parce qu’à Tounzuébo, on ne visite pas. On vit, le tourisme autrement avec le camping by night. Par Alex Adou

Commentaires

Articles les plus consultés